Géo-ingénierie

Le terme géo-ingénierie rassemble les différentes techniques ayant pour but de manipuler délibérément le climat à l’échelle de la planète. Les promoteurs de ces techniques justifient leur mise en œuvre de différentes manières : contrebalancement des effets du dérèglement climatique, gestion « rationnelle » du climat ou encore fins militaires.

Les techniques de géo-ingénierie sont généralement divisées en deux grandes catégories : celles visant à capturer l’excès de dioxyde de carbone de l’atmosphère pour le transférer dans d’autres compartiments (couches géologiques, biomasse) et celles ayant pour but de réduire le rayonnement solaire capté par la Terre et la « serre » atmosphérique.

Si certaines de ces techniques tiennent plutôt du domaine de la science-fiction, comme le déploiement de milliards de miroirs dans l’espace pour créer un « parasol spatial », d’autres paraissent plus réalisables avec les moyens actuels et certaines ont même déjà fait l’objet d’expériences hors laboratoire.

En réponse à l’impasse des négociations climatiques des dernières années, la géo-ingénierie a commencé à s’installer dans le débat international comme un plan B de plus en plus séduisant pour beaucoup d’acteurs. En effet, pallier les aléas climatiques permet de ne pas remettre en question les émissions actuelles de gaz à effet de serre et, plus globalement, un système arrivant en bout de course.

Pour la présenter sous un meilleur jour, ses promoteurs passent bien souvent sous silence les risques et les incertitudes – scientifiques, environnementales, diplomatiques et éthiques – qu'elle soulève.

Les principaux concepts de la géo-ingénierie du climat. La figure ci-dessus présente les principaux concepts de la géo-ingénierie du climat. Les voies de capture et de stockage du CO2 atmosphérique (en bleu) sont différenciées des voies de gestion de l'équilibre radiatif de la planète, en particulier via le rayonnement solaire (en rouge). Source : Atelier de Réflexion Prospective REAGIR - Document de synthèse, B. de Guillebon, O. Boucher et al., avril 2014.